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01/01/2006 14:55 par proskateur
Parfois, certains tendent à s'imaginer le petit monde du skateboard comme un camp retranché, voir peut-être même un ilôt, qui vivrait en autarcie vis-à-vis du reste du territoire humain. A ce que j'ai cru remarquer, c'est surtout l'illusion de beaucoup de novices qui, parce qu'ils découvrent un univers nouveau qu'ils considèrent comme une alternative au mode de vie de masse, se le représentent pur, sans faille aucune, comme autogéré par et pour les initiés en une indépendance totale vis à vis du reste du monde. Alors que l'on découvre petit à petit ce microcosme, tout émerveillé que l'on est et surtout en proie à un manque de recul certain, lorsque l'on est jeune et naïf on tend souvent à penser : 'mais cet univers est formidable !'. Dès lors on en veut toujours plus, on se jure de rester dans ce 'milieu' à vie - la fièvre du novice, certains diraient - et, même si l'on y croit sur le moment, lorsqu'on réalise les faits tôt ou tard on a de grandes chances de tomber de haut, à s'en briser la motivation.
Car il y a ceux qui sont véritablement poussés par l'amour fusionnel qu'ils portent à leur planche ; ceux pour qui rien ne compte à part le fait même de rider - ceux-là même qui, si le monde venait à s'écrouler, chercheraient des spots dans les débris. Et il y a ceux qui sont tout aussi, voir davantage, attirés par les paillettes d'un autre univers prenant la forme d'un prétendu 'monde du skate' se détachant plus ou moins du courant dominant ; dès lors pour ceux-ci, le fait de skater ne constitue qu'un moyen d'y prendre part et d'essayer de s'intégrer à une culture alternative à laquelle on désirerait s'identifier.
En gros, il y a ceux pour qui seule leur planche compte, le reste apparaissant comme superflu ; et ceux pour qui seul le skate en tant qu'univers compte, car proposant en apparence une alternative quelque peu fascinante au mainstream, la pratique en elle-même s'apparentant grosse modo à un prétexte inconscient justifiant le fait d'y prendre part.
Dès lors, à condition de prendre un peu de recul, il est possible de discerner ceux qui vont skater à vie, tout simplement parce que conservant durablement leur passion originelle pour une planche qui ne les laissera jamais tomber. Tandis qu'en ce qui concerne les autres, ça n'est qu'une question de temps - jusqu'à ce qu'ils réalisent l'intangibilité du monde auquel ils tentent despéremment de s'accrocher depuis le début.
Car le skate, comme toute activité humaine d'ailleurs, c'est avant tout, sur le plan matériel : des gens. Des êtres humains, avec les défauts et tares qui vont avec. Le milieu du skate est tout aussi sclérosé de merde que le reste de la société ; en aucun cas il ne constitue une exception, un paradis terrestre, une alternative ou un échappatoire. Lorsque l'on est jeune et naïf il est facile de croire le contraire, simplement ça n'est qu'une question de temps avant de retomber sur Terre, et plus dure sera la chute en fonction de l'importance que l'on porte à ce soi-disant 'monde du skateboard'. Si celui-ci représente tout - ou presque tout - l'intérêt que l'on attache à sa planche, alors quand le château de cartes de nos illusions s'écroulera, il y a de fortes chances que, tôt ou tard, notre vaillant destrier d'érable suive. Comme une désillusion..
En vérité, et j'espère d'ailleurs bien ne l'apprendre à personne, skateur ou pas, personne n'est parfait et tout le monde a ses tares ; entre ceux qui ont un avis sur tout et essayent de l'imposer à tout le monde, aussi irraisonné qu'il puisse être, ceux qui se la racontent, et ceux qui disent de la merde sur leurs soi-disant potes dès que l'occasion s'y prête, le milieu du skateboard est loin de ressembler au pays des Bisounours.
Si je me suis mis à moins écrire ces derniers temps, c'est tout simplement parce que d'une part, lorsque non inspiré je ne vois pas l'utilité de me forcer (surtout qu'alors le résultat s'avèrerait catastrophiquement désastreux, à moins que ça soit l'inverse) ; mais surtout parce que j'avais l'impression de moi-même commencer à dire de la merde sur certains en filigrane de certains articles, or cette idée que je puisse être amené à me servir de mon influence relativement vaste pour critiquer, dénoncer, et en un sens orienter le regard de mes lecteurs suivant ma propre vision des choses pour leur dicter ce qui est 'bien' ou 'pas bien', me fait fortement horreur. Je reconnais avoir des torts, comme tout le monde, et il m'apparaît comme la moindre des choses que de les assumer.
Néanmoins, certaines critiques injustifiées m'ont été faites, et celles-là je refuse de les prendre pour moi. Shit-talking, malentendus, à moins qu'il s'agisse des deux à la fois, je profiterai de cet article pour tirer les choses au clair, en revenant sur les points qui me sont reprochés.
Je sais que certains me perçoivent comme le conservateur par excellence du skateboard.. A savoir, 'tout ce qui est récent c'est de la merde, le vieux skate constitue la vraie vision des choses, et les kids sont tous des cons' - voilà les mots qu'on me prête. Or il ne s'agit en aucun cas d'un rendu, étant donné que je n'ai personnellement jamais ni prononcé, ni défendu (au contraire) de tels propos. Je considère cette analyse comme une grossière caricature soi-disante synthétique de mes articles par quelqu'un ne les ayant parcouru qu'en diagonale (donc en gros, n'ayant aucune idée de ce dont il est question, mais malgré tout avec suffisamment peu de scrupules pour ressasser n'importe quoi). Le 'vieux skate' ? Qu'est-ce que c'est ? Comment peut-on matériellement subdiviser le skate en sous-catégories 'vieux skate', 'nouveau skate', 'paléolithique skate', 'millenium skate'.. Le skate forme un tout, point. Le skate, c'est une planche avec deux trucks, quatre roues, huit roulements - et avec, on fait ce que l'on veut, qu'il s'agisse de tricks avec un pied par terre, de flips en passant des gaps, de catchs à partir d'un bank, de slides sur des rails, de slalom entre des plots, de hippy jumps, de downhills, de freestyle à l'arrêt, de pressure flips ou de catamarans, et encore il ne s'agit que de généralités - tout, absolument tout ce qui se réalise avec une planche de skate, il n'y a pas à discuter, par définition c'est : du skate. Pourquoi même se poser la question, alors que la réponse se trouve dans l'énoncé ? Dès lors, toute tentative d'apposition d'étiquette, aussi peu limitative soit elle et par quiconque, apparaît comme révélatrice d'une fermeture d'esprit certaine. "Old school ? New school ? Fuck school !", comme le dit si bien Steve Olson (photo : Glen E. Friedman).
En ce qui concerne le 'tout ce qui est récent c'est de la merde', maintenant. Comme je viens juste de l'expliquer, je considère le skate comme un ensemble, dès lors je ne vois pas comment il me serait possible de faire une généralité aussi singulière, de prendre position d'une manière aussi stupide, catégorique et irraisonnée (car qui plus est fondée sur un critère qui ne tient pas la route). J'ai simplement une vision globale des choses, avec un certain recul je pense, dans la mesure où je skate depuis cinq ans - loin de moi l'idée de m'en vanter, cinq ans c'est bien dérisoire comparé à certains, et ça n'est pas toujours l'expérience qui forge la raison. N'empêche que quoiqu'il en soit, j'ai tout de même été témoin d'un certain nombre de choses en cinq ans, et davantage que ceux qui me critiquent, je suis donc plus à même de parler en connaissance de cause. Lorsque je repense au skateboard de pré-2000 à 2002, je me remémore une activité pratiquée avec passion sans stéréotype aucun, chaque rider avait son identité, son style, ses tricks. Aucun artifice, seulement du concret. En proie à un doute, l'autre jour j'ai tout de même consulté à nouveau mes magazines et vidéos de l'époque : SuGaR 29 et suivants, 411 Best-Of 5.. Mon constat final : du skate individuel, sans phénomène de trick à la mode, ni élitisme vestimentaire. Pas d'image de marque ou d'artifice.. Sûrement était-ce dû au fait qu'à l'époque, le skate était encore un truc de cachés auquel le grand public ne portait pas d'intérêt particulier - une contre-culture de plus, alors qu'aujourd'hui le skate s'est démocratisé et engraissé, non sans générer quelques dérives au passage, c'est de rigueur. Bref. Vers 2002, début d'un partage en couille spontané, avec la génération d'un phénomène qui m'a particulièrement marqué à l'époque, parce que contrastant massivement avec ma conception du skate d'alors : le phénomène des nollie noseslides / nollie flip noseslides / nollie heelflip noseslides. En fait, pendant plusieurs mois, dans chaque magazine ou vidéo, ces tricks apparaissaient à moult reprises, effectués par tout le monde sans distinction, et sur tous les spots possibles et imaginables. Au début c'était marrant, un trick comme un autre, en plus ça rend bien.. Mais on change vite d'avis après s'en être coltinés quatre rien qu'après avoir feuilleté son nouveau SuGaR - dégoûté. A ce que je me rappelle, il s'agissait du premier 'trick fashion' du millénaire. Et depuis, jusqu'à il y a quelques mois (c'est tout récent), ils se sont enchaînés, on a eu le droit aux flip back lips, 360 flip front lips, switch big spins et récemment, le retour du 3-6 back.. Maintenant cependant, la créativité semble faire son grand retour, et une bonne partie des riders semble vouloir affirmer son style unique plutôt que de se conformer à un stéréotype, ce qui en soi est loin d'être une mauvaise chose.
Mais 2002 n'a pas amené que ce phénomène de 'trick fashion' ; on a également eu droit à l'explosion du skateboard, à la série des THPS le popularisant en tant que phénomène de mode, au débarquement massif de poseurs sur les spots, à Avril Lavigne, à la montée du V7 Teenage Tour (à un point tel qu'aujourd'hui, il fait l'objet d'une question dans le Trivial Pursuit, si si !) et, au fur et à mesure que le skate grossissait, au développement d'une mentalité décalée par rapport à l'esprit skate 'no prise de tête' d'origine. Une bonne partie des jeunes ayant découvert le skate à cette époque où il était déjà gonflé d'artifice s'en sont contentés et, sans chercher plus loin, l'ont assimilé comme tel.
Il ne s'agit donc nullement d'une critique aveugle, plutôt d'un constat objectif et logique. Au cours des quatre dernières années, le skateboard n'a cessé de grossir pour finalement se poser un temps comme disproportionné - cette évolution a apporté avec elle des changements drastiques, le skate a été défiguré par rapport à ce qu'il était à l'origine, jusqu'à devenir un star-system (le V7TT faisant pour l'occasion figure d'academy). Maintenant la tendance semble être à un retour aux valeurs de base du skate, à savoir la simplicité, le concret et l'expression de l'individualité. Néanmoins, il me semble couler de source que la période à laquelle on découvre le skate s'avère déterminante quant à la conception qu'on en a, tout du moins au début (ensuite, il est toujours possible de prendre du recul, ce que j'invite chacun à faire au possible d'ailleurs), en fonction de l'ambiance générale qui caractérise alors le milieu.
Alors, 'tous les kids sont-ils des cons' ? Disons que c'est un fait qu'étant donné les proportions grossièrement exagérées que le skate a pris au cours des années précédentes, une bonne partie des kids (pas dans le sens 'jeunes', aucun intérêt de discriminer quelqu'un en fonction de son âge, mais plutôt dans le sens 'novices au monde du skateboard') ont développé une mentalité de compétition, de challenge, voir purement sportive, car c'est tout simplement la forme sous laquelle ils ont découvert l'univers plancharoulettistique. Et il ne s'agit pas d'un tort en soi, à chacun sa conception du skate.. Tant que personne ne vient juger l'autre, et empiéter sur sa ligne de ride. Or ces nouveaux skaters avec une mentalité de leur temps viennent trop souvent se la raconter avec des propos qui paraissent abhérants aux skateboarders originaux. Il y a dès lors comme une réminiscence de conflit de générations qui s'installe, et chacun ayant sa conception personnelle de la chose bien ancrée en lui, il y a peu de chance pour qu'il se résolve par un dialogue constructivement argumenté - les deux 'camps' ne désirant sûrement pas philosopher pendant une heure et demie en plein milieu du spot. On en vient donc aux insultes qui constituent une voie de raccourci, on catégorise l'autre comme étant 'con' en le rangeant dans le tiroir approprié de son cerveau, et dans les faits on passe à autre chose.
De plus, il est toujours possible pour un kid de prendre du recul par rapport à son activité, au fait de skater, et aux possibilités infinies que sa planche lui offre, mais également par rapport aux stéréotypes qui lui sont subtilement dicté par une élite fantôme, de manière à se dégager de toute influence, et de pouvoir créer et affirmer son individualité à sa guise.
Donc 'tous les kids sont des cons' : tous non, ensuite qu'appelle-t-on réellement un con ? Certainement pas quelqu'un avec une conception des choses différente de la sienne. Plutôt quelqu'un qui ne respecte pas celle des autres et cherche à asseoir la sienne. J'invite d'ailleurs tout le monde à se remettre en cause ainsi, sur une échelle toujours plus absolue, avant d'adresser un quelconque reproche à autrui. Généralement, on s'aperçoit qu'on est pas vraiment blanc comme neige non plus.
Tout autrement d'ailleurs, on m'a reproché (toujours les mêmes, en fait) de vouloir influencer mes lecteurs, en imposant ma vision des choses et en la présentant comme indiscutable. J'admettrai donc, en m'auto-appliquant le raisonnement développé dans le paragraphe précédent, qu'on puisse m'appeller 'con' à outrance.. si, là encore, cette critique s'avérait justifiée. Mais il n'en est rien, tout ce que je cherche à faire à travers mes articles, ça n'est pas dicter sa conduite à quiconque - à la rigueur, je comprendrai que certains simples d'esprit dépourvus de sens critique gobent mes propos comme d'autres gobent des Flamby, mais dans ce cas-là qu'y puis-je, c'est quelque chose d'inhérent à l'expression d'une opinion, il y en a toujours qui se passent de la remettre en question. Mon but, c'est plutôt de fournir des éléments de réflexion, des bases à qui veut bien y trouver un quelconque intérêt, de manière à inciter à la prise de recul pour au final se forger son propre avis, sa propre vision des choses, et s'épanouir dedans en empiétant le moins possible sur les plates-bandes des autres. Je ne désire imposer aucune mentalité cliché stéréotypée 'true spirit', tout comme d'ailleurs je ne prétends en aucun cas détenir une telle mentalité. A chacun sa conception des choses, c'est ce qui fait la richesse de l'altruisme, de la vie et.. du skateboard.
A vous d'associer les deux derniers noms communs cités comme bon vous semble.
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You guess you know what the fuck is going on, you're on the top, you're on the ball, you think you've seen it all ? Think again, think again, think again, think again, think again, think again, think again, think again.
Before you take another crack and slap yourself on the back, before you tell me what you heard and sum it up in one word, before you start talking shit, before you throw another fit - think again, think again, think again, think again, think again, think again, think again, think again - if you can !
C'était une belle journée d'été de ce qui sera dans quelques heures 'l'année dernière'.. Mon pote revenait, avec moi, du park local où un collègue de planchon (Albion) avait filmé quelques tricks de moi avec son appareil photo numérique pour le trip, lorsqu'au hasard de nos pérégrinations skateboardistiques nous tombâmes sur un mur de marbre tellement blanc, lisse et vierge qu'il semblait crier, appeller à un peu de dépravation, comme réclamant désespéremment un contact imminent d'uréthane sale, et implorant la résorption d'une supposée douleur interne et intense par d'apaisants crissements, faute de morphine.. Nous nous adonnâmes donc à quelques wallrides frontside et backside, sous les regards souvent perplèxes, parfois outrés de certains passants, jusqu'à ce que finalement un homme d'un âge certain s'autoproclame avocat du mur attaqué, s'interposant au nom de la municipalité pour en prendre la défense via une véritable plaidoirie. Mis au courant des dommages et intérêts que nous encourions en cas de chute d'une plaque de marbre (éventualité que ni mon camarade ni moi n'avions jusque lors envisagé, aussi sot que cela puisse paraître), nous décidâmes donc de changer d'espace.
Le soir venu, après avoir regagné mon domicile, Albion m'interpella sur MSN, pour me faire part d'une anecdote amusante : l'homme qui nous avait dissuadé de rider le spot quelques heures auparavant s'avèrait en fait être son père (que ni mon collègue ni moi n'avions rencontré auparavant, nous n'avions donc aucune idée du lien de filiation existant entre les deux individus), et alors que le jeune était en train d'acquérir le footage du jour sur son ordi, son géniteur m'avait reconnu comme celui qu'il avait appréhendé dans l'après-midi, et avait fait une remarque qui figure d'ailleurs toujours dans mon pseudonyme MSN.
La notion d'impossible est ancrée dans le fonctionnement logique des gens de façon profonde.. Pendant leur enfance, les irrécupérables des générations précédantes les ont résigné à ne jamais s'essayer à certaines actions, en leur démontrant scientifiquement qu'elles étaient vouées d'office à l'échec, et donc les confortant dans l'idée qu'il était préférable de ne pas s'attarder dessus. Comme la reconnaissance d'un échec personnel que l'on désire, sûrement par frustration, rendre intemporel : 'ce que je n'ai pas réussi à faire, personne ne le fera après moi, tout simplement parce que cette action que j'ai tentée n'est en fin de compte pas faisable'. Comme pour une tentative d'aiguiller la postérité, en réduisant toujours plus le nombre de voies erronnées, assimilées à du temps perdu, sur lesquelles elle serait susceptible de s'engager. Car le temps constitue en fait la ressource la plus inestimable qu'il soit donné à l'être humain, vu que sans lui, aucune autre n'a d'utilité - d'ailleurs, l'existence d'une fin du monde annoncée, symbolique de la révolution du temps humain, et même, à moindre échelle, l'approche constante de la mort individuelle, en fait douter plus d'un quant à la finalité de ses actions - bien que tout le monde soit au fond conscient que, dans l'absolu le plus total, il n y en aura aucune. En définissant des actions comme impossibles à accomplir, on tente d'éviter au possible à nos successeurs, sans les concerter au préalable, le gaspillage de cette précieuse denrée qu'est le temps, en condamnant moralement les voies apparaissant comme de garage.
Or ces voies, certains décident, en proie à une quelconque folie, d'utiliser le temps qui leur est imparti pour les explorer tout de même. L'impossible consistant en l'au-delà des limites physiques et des relatives contraintes allant de pair, pour se le représenter mentalement on tend à penser immédiatemment au domaine de la recherche scientifique (par exemple la fission d'un atome, considéré à tort comme particule élémentaire, a été longtemps pensée impossible), ou encore à une situation apparaissant très fortement compromise étant donné les circonstances, à un point tel qu'on la met définitivement de côté (comme, parcourir quatre-cent kilomètres à pied en une heure) - mais quelque soit le contexte, il s'agit d'une donnée physique.
Le skate est physique.
Souvenez-vous de la première fois que vous en avez vu.. Votre réaction a sûrement été la même que la mienne : 'mais putain, comment fait-il, ce bonhomme debout sur une bête planche en bois, pour arriver à sauter avec ?!'. Après tout, on vous avait toujours dit que c'était impossible, d'ailleurs votre vie aiguillée bien loin des voies de garage n'avait pu que vous conforter dans cette idée..
Autant les prouesses en patinage artistique, pétanque, tir à l'arc, football, tennis.. n'apparaîtront que techniquement 'difficiles' et complèxes à l'individu lambda non initié, que le skateboard lui paraîtra tout bonnement impossible, car défiant toute une conception du physiquement représentable que l'expérience de sa vie aura progressivement confortée chez lui, pendant des années. Ne serait-ce que le fait de sauter un trottoir en ollie.. (je vous épargne la conceptualisation des vrillages de planche dans tous les sens pour finalement retomber dessus comme si de rien n'était). Ajoutez à cela une peur instinctive de l'inconnu plus ou moins brillamment combattue par chacun, et vous comprendrez (en partie) pourquoi les gens, souvent, détournent le regard et pressent le pas lorsqu'au détour d'une ruelle, ils viennent à déboucher sur une place sur laquelle un guignol s'acharne désespéremment à passer un escalier en faisant n'importe quoi avec une planche à roulettes. 'Il faut vraiment tomber bien bas pour avoir autant de temps à perdre..'
Nous sommes tous fous, car nous réalisons l'impossible. Nous explorons des voies de garage désertées par la masse, et lorsque nous exhibons les trouvailles que nous y avons faites, celle-ci reste indifférente et préfère les ignorer, constatant leur rendement patrimonial nul et profondément touchée et appeurée. Si Dieu sait à côté de quoi elle passe, il se dit également 'tant pis pour elle'.
Nous choquons. Nos sommes comme des clochards anarchistes errant dans les rues de l'existence, ayant choisi de subsister en dehors du système et prouvant à chaque seconde, de notre vivant, la réalité potentielle de notre alternative à des êtres mécanisés. Nous violons leurs règles non fondées, et ce faisant nous les rappellons à leur misérable condition. Nous vivons pendant qu'ils agonisent, et ils en sont conscients..
Eux qui avaient toujours cru que c'était impossible.
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'Ah bin lui c'est un voyou il roulait sur le mur'
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ce sont principalements des blogs de skates
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Chez les skaters il y a les bourrins qui se lancent tout le temps n'importe où, sans avoir peur (ou sans le montrer du moins). Ils risquent des trucs de dingue, et puis le pire c'est qu'ils réussissent! (des fois). Puis t'as aussi les gars qui te sortent des figures parfaites, minutieuses, techniques et élégantes, toutes aussi impressionantes.